02 février 2009
Malcie backstage. Trop rock 'n roll
La semaine dernière j’ai acheté un pull terrible chez H&M, avec des rayures sucre d’orge genre Paul Smith mais au prix H&M. C'est-à-dire 29 € au lieu de 480. A peu près.
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Je l’avais dans mon sac quand je suis passée voir Florence et elle a rugi « ahhhh, tu l’as acheté ! Je l’avais repéré et puis je l’ai pas pris, ça faisait trop collégienne… »
Ce mardi de la loose, j’ai du farfouiller dans les placards pour trouver un truc à mettre par-dessus le pull à rayures, et va savoir pourquoi, je suis allée ressortir ce putain de duffle-coat vieux de quinze ans.
Va savoir pourquoi, va savoir pourquoi…
Maintenant, après analyse, je sais. Bien sur, perspicace, tu as deviné que c’était la petite phrase de Florence qui avait tout déclenché. Le style Collège. Mon Dieu.
Qu’est-ce qui m’a pris ?
C’est un vrai Duffle-coat en drap épais, avec la capuche bien raide que tu marches dans la lumière ton ombre elle a la forme d’un requin-marteau.
Et il est rouge.
Voilà, Sophie Marceau dans L’Etudiante.
Bien sur, tu n’as jamais vu ce film, où Sophie Marceau se mord la lèvre inférieure pour exprimer ses profondes questions existentielles, à savoir vivre sa passion avec Vincent Lindon ( ? ) où terminer sa thèse ( re ? ).
Moi si, je l’ai vu, ce pitch prodigieux en est la preuve, pas vrai ?
Parce que dans ce film, Sophie Marceau joue une étudiante en lettres à la Sorbonne. Comme ma copine Marie.
Marie, dont c’est le film culte, parce que ça lui rappelle trop ses années de fac. Et comme je suis vraiment une copine empathique, j’ai vu ce film.
Donc on en est là, ce mardi 27 janvier, une grosse journée farcie de rendez-vous, où pour l’instant, je ne regrette pas spécialement d’avoir ressorti ce nom de dieu de duffle-coat du placard. Même pas le moindre « Tiens, voilà le petit chaperon rouge », rien, je me fonds dans le décor.
Arrive le soir tatati tatata. Concert de Miossec et Tiersen. Je dois prendre des photos et comme je suis une grosse maline, je me suis méfiée, et j’ai appelée Catherine, la manageuse de Miossec, pour lui demander une autorisation avant le concert, au moment des balances.
Sauf que Miossec, les balances, il les fait pas. Ah ben oué.
Bon, là, pourtant, ça aurait été pas mal qu’il les fasse, mais c’est une autre histoire, on est pas dans les Inrocks, alors, reposons-nous.
Gentille comme tout, Catherine me propose de rejoindre les garçons dans leur loge après le concert. Super merci Catherine, je resterai que cinq minutes, je vais déranger, je sais ce que c’est, après le concert, c’est pas le meilleur moment patali machin. « Ah bah faut pas s’imaginer des trucs avec les groupies tout ça. C’est très sage », elle me dit Catherine.
Et alors très bien, allons-y.
Comme j’ai pas super envie d’aller prendre ces photos dans les loges, je vais quand même essayer d’en taper une ou deux sur scène. Durant les trois premières chansons du concert, pendant lesquelles les photos sont autorisées, je mitraille furieusement les deux lascars, à deux mètres en arrière du proscenium, dans une lumière proche de celle d’une chambre à coucher à deux heures du matin quand tu rallumes pour aller faire pipi.
C’est formidable toutes les photos sont floues.
J’ai donc maintenant vraiment vraiment besoin de ces photos backstage.
Je te vois d’ici « Ah, super super, c’est trop cool d’aller voir des big stars en loge, trop cool qu’est ce que je donnerais pas moi pour aller féliciter machin machin, quelle tuerie ».
Ah ouais, super. Une vraie tuerie.
Le concert vient de s’achever, on est dehors avec Marie à fumer notre clope, et je commence à me décomposer.
Déjà, et oui, voilà, on y est arrivé, tu comprends mieux le préambule maintenant, je me rends compte que mon fashion choix a tout faux. Nom de Dieu ! Un DUFFLE COAT pour aller dans les loges ! Le truc le moins rock ‘n roll de la terre…C’est génial. Je suis parfaite. Je ne vais pas du tout détonner, ils vont a-do-rer. A part le col Claudine ou le kilt écossais, franchement, je vois pas ce que j’aurais pu faire de pire.
J’y avais juste pas pensé. Et oué, pourtant tout le monde y pense à ces trucs là. Je connais des tas de filles qui sont toute l’année en parka, quand elles vont à un concert, elles mettent le blouson en cuir de leur petit frère.
Bon, Catherine, elle m’avait dit de laisser passer un quart d’heure après la fin du concert, ça y est. Je la ramène pas trop. Je sais bien comment ça va être. Pas du tout du tout le moment, gavé de gens qui n’auront pas oublié de mettre un blouson en cuir, et des bières partout.
En réalité ce sera pire.
Bon, je hèle ma copine Anne pour l’accès aux loges. Elle me dit « Je t’ouvre et tu te débrouilles ? ». Ah ben tiens oui, bien sur, c’est une sacrée bonne idée ça, elle m’ouvre et je toque aux portes de loges bourrées de mecs en slip pour leur demander où c’est qu’ils sont Miossec et Tiersen. J’insiste donc pour qu’elle m’accompagne au moins jusqu’à leur loge. Et le truc qui me rassure pas, c’est qu’elle fait carrément pas la maline.
Arrivées dans le couloir, elle s’enquiert diligemment de savoir si c’est bien là qu’ils sont, elle ouvre la porte de la cage loge et elle jette « Je vous présente bla bla bla qui vient pour bla bla bla. Voilà. Je vous laisse » et elle se casse.
Putain Putain Putain.
Bon, là, je sens bien que tu attends une bonne grosse description à la Balzac, alors finissons-en. Plantons le décor. Une grande loge toute blanche, tous néons allumés, ambiance verdâtre. La porte-fenêtre grande ouverte sur un balcon. Partout des Heineken. Une bouteille de rouge presque vide. Des paquets de clopes éparpillés. Des vrais paquets de mecs, des Lucky souples tous froissés, un peu écrasés. Là, on peut le dire, c’est rock ‘n roll.
Les personnages sont : une ou deux filles, assises les pieds ballants, le regard un peu fatigué, et une douzaine de mecs, zicos, mecs de la technique, régie, machin. Autant te dire que si y a des gars qui sont rock ‘n roll dans un rayon de dix kilomètres, c’est eux.
Et puis y a moi, dans mon duffle-coat rouge.
Tu visualises pas mal, là, je pense.
ET ben on va y aller alors. Miossec et Tiersen ils sont sur le balcon, en train de fumer des clopes, une bière sur la hanche. Ils me regardent avec beaucoup de sympathie.
Non, je déconne.
Comment dire ? Je sais même pas si ils me voient. Je traverse la loge sous le regard amical (Capito ? voir plus haut) de la demi-douzaine de mecs très rock avec une bière sur la hanche, et je m’avance vers eux.
Je me sens à peu près aussi déplacée qu’une dame patronnesse dans une concentr’ de bikers.
J’explique ce que je viens faire et ça les intéresse vachement, une gonzesse qui vient prendre des photos d’eux juste là, à un moment où ils ont à peu près tout ce dont ils pourraient rêver, à savoir une binouze et une Lucky. Ils ne sont pas hostiles. Quoi que. En tout cas pas une parole désagréable ne sortira de leur bouche. Ils me regardent à peu près comme, je sais pas, avec indifférence, un peu de dédain, d’ennui. Je peux même pas me plaindre, je suis à peu près sure que si je venais de me taper une heure de air guitar, je serais certainement aussi photographe-friendly qu’eux.
Ils attendent juste en debriefant que le régisseur les colle dans la voiture pour aller manger une entrecôte-frites.
Mais ils sont okay pour la photo, là, tout de suite sur le balcon avec la Heineken et les clopes, ça va être super avec le gros coup de flash dans la gueule. Intérieurement je pleure à gros sanglots.
Alors que je venais de lui dire trois mots sur le concert avec un sourire très naturel, tout d’un coup Miossec il est plus là. Il est allé pisser.
Bon. J’attends dans le coin du balcon tandis que Tiersen parle à voix basse avec je sais plus qui. Oui, j’entends ce qu’il dit, bien sur. Mais je le répèterai pas.
J’ai l’air toujours très très naturelle, avec mon duffle-coat rouge, mon sac à la main gauche et mon Pentax à la droite. Je songe cinq secondes à allumer une clope pour finaliser mon air naturel, et puis non. Tu vois pas que l’autre se radine et que ça me fasse louper la photo ?
Comme je ne peux pas dévisager tous ces types rock ‘n roll ni écouter ostensiblement Tiersen, je continue donc sur ma lancée à regarder rien d’un air dégagé et passer d’un pied sur l’autre, plantée comme une souche.
Miossec revient. Chouette, je kiffe mon destin.
Un des mecs rock sort alors du groupe et dit « Bon, vous faites la photo et on y va ? ». J’aime ce grand type en cuir très rock avec une bière sur la hanche, oh oui, je l’aime cet inconnu. Je bafouille d’une voix étranglée un truc du style «Oh, mon bon Samaritain ! ». Juste grotesque.
Et là c’est Tiersen qui se tire.
Bien sur, il va revenir. Puis disparaître, puis réapparaître tandis que j’ai toujours l’air de la fille la plus cool de la terre avec mon manteau rouge et mon sourire très naturel en plein milieu de la loge et des bières et des paquets de Lucky froissés.
Ils vont finir par me la faire, cette photo. Et en plus elle sera même pas floue. Bon, C’est sur, Tiersen, c’est pas celle là qu’il choisira pour mettre sur son profil Meetic.
18 janvier 2009
Spéciale Dédicace
Vous avez rendez-vous à l’Hôtel de Ville pour faire un reportage sur le Conseil Municipal des enfants. A l’heure dite, vous êtes devant l’entrée, une légère d’impression d’être une espèce de tulipe trop vite poussée dans un parterre de pétunias, la paille la plus longue de la courte paille au milieu de toute une tripotée de gamins, que vous voyez d’en haut, comme une photo d’Arthus-Bertrand. Vous n’avez pas l’habitude des gamins, ça se voit tout de suite. Vous vous demandez toujours s’il faut se pencher pour leur parler ou si ça va, d’en bas, ils vous entendent quand même.
Dehors, il fait encore un petit peu froid mais rien à voir avec les températures de ces derniers jours. Prudente, vous avez néanmoins consciencieusement accompli le rituel de l’empilement. Un collant par-dessus un collant (vous aviez commencé à appeler ça un legging, mais à présent, consciente du ridicule, vous ne savez plus très bien comment dire, le mot caleçon étant désormais réservé aux sous-vêtements masculins, alors vous dites collant sans pied), un peu retourné sur les hanches parce que ça vous serre le ventre, mais des fois aussi du coup ça fait froid au ventre alors vous le redéroulez mais c’est toujours un peu compliqué pour distinguer au toucher sur quelle strate vous vous trouvez. Quand vous allez faire pipi ça peut prendre un certain temps, surtout si vous avez gardé votre manteau, il arrive que la ceinture se glisse entre deux vêtements sans que vous en rendiez compte et là bien sur vous êtes obligée de tout reprendre un par un, avec votre sac qui s’est cassé la gueule de la poignée où vous l’aviez précautionneusement accroché en équilibre, parce qu’il n’y avait pas de patère. Parfois même la grande écharpe que vous avez achetée bien longue comme ils disaient dans Elle manque de peu plonger dans la cuvette, ou éponger le sol à vos pieds, mais le pire n’est jamais arrivé, parce que vous faites trois fois le tour du cou avant d’attaquer la séance. Ces derniers temps, la mission s’enrichissait de l’embarrassant problème des gants et du bonnet. Vous avez enfouis les gants dans les poches du manteau et ils dépassent légèrement comme de petites oreilles, en équilibre instable, parce que les poches sont un peu petites pour les grosses moufles que vous a offertes votre copine Marie l’année dernière, et que vous n’aviez encore jamais mises. Le bonnet, lui, est enfoncé jusque sur vos yeux parce que sinon, ça fait une grosse poche sur le dessus de la tête, comme les bonnets des Schtroumfs. Vous devez donc tourner la tête entièrement pour voir sur les côtés, en haut et en bas. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus vous avez un peu chaud.
Il vous est arrivé de rajouter une paire de chaussettes en soie, mais pas là. Vous regrettez presque, l’humidité, en Bretagne, est limite plus pénétrante que le froid alsacien (vous étiez en vacances en Alsace, mais bon, on s’en fout un peu, non ?). Pour le haut du corps, la partie sacrée qui ne doit surtout jamais avoir froid, vous avez commencé par un sous-vêtement en fibres creuses, spécialement développé par la Nasa, traité antibactérien, anti odeurs, anti froid, anti vent, anti humidité, qui laisse passer la transpiration (pour aller où ?) et bloque le froid. Après, vous rajoutez toujours une couche intermédiaire, vous vous méfiez de passer tout de suite au gros pull ou à la polaire, qui n’arrive, elle qu’en troisième place. Grace à cette gestion rigoureuse des épaisseurs, vous n’avez pas triplé de volume. En revanche, ce que vous n’aviez pas prévu, c’est qu’à la fin de la visite de la Mairie à la suite des enfants (le truc dont vous aviez commencé à parler il y a une heure et demie, bon sang, il suit, le lecteur, ou pas ?), votre téléphone sonnerait.
Vous épargnez au lecteur le pourquoi du comment, mais vous voilà à présent au premier étage, dans le bureau de votre copine Katell, qui vous fait de grands signes derrière la porte. Katell est hilare, elle vous dit « Hey t’as vu ? T’es dans grand paradi ! »
Dans les bureaux il fait au moins 40° en pleine après-midi. Vous aviez déjà retiré votre manteau en voyant avec inquiétude l’animatrice avec laquelle vous aviez rendez-vous en petite blouse de coton. Il vous faudrait à présent retirer au moins deux des trois couches de vêtements, mais l’opération pourrait vite tourner au cauchemar. Vous allez prendre sur vous et faire confiance à la fibre creuse, toujours sans jamais chercher à savoir où va aller la transpiration évacuée.
grand paradi ! Avec un g minuscule et sans s. Ah, grand paradi…
grand paradi, c’est un blog. Vous l’avez découvert en surfant de ci de là, depuis le blog de votre copine Christelle, et vous êtes tombée sur le flanc, raide séchée, comment cette fille elle écrivait avec une grâce glacée, une drôlerie sans lourdeur, une poésie sans mièvrerie, une ironie sans aigreur. Vous lui avez sauté aussitôt sur le poil pour la couvrir de compliments (enfin il vous semble) et vous l’avez aussitôt installée sur un petit fauteuil, là, à droite, dans la colonne des liens, avec une couronne sur la tête. Katell, votre lectrice top number one super fan, parmi vos douze fidèles lecteurs, a aussitôt compris quelle pépite était grand paradi, et elle le lit avec gourmandise et régularité depuis qu’elle l’a découvert.
Et là, elle était super contente parce que grand paradi vous avait citée dans un de ses posts.
Vous vous demandez si Katell a bien compris que grand paradi vous citait parce qu’elle n’était pas parvenue à trouver comment insérer un lien dans son blog.
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23 septembre 2008
Rompre avec les codes... Epilogue
Hé, faudrait pas croire que HI est une vision d’horreur. Y a des trucs giga cools et méga géniaux aussi, mais c’est beaucoup moins drôle de les raconter.
- La piscine sur le toit, même si c’est une grande baignoire et pas une piscine, c’est juste sublime de barboter avec vue sur les toits de Nice et la mer turquoise en virgule à deux pas.
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- Sa terrasse, brique et bleu lagon, avec ses aloès et ses cactus, carrément belle.
- L’esthétique globale, ludique, acidulée, simplissime, au choix de couleurs aboutis et réussis.
- Les petits bocaux Le Parfait remplis de gloubi bio, assez marrants, mangés en tête à tête dans le patio désert, tout chaud de la nuit niçoise.
- Le poisson rouge en bocal découvert en rentrant le soir, posé sur le support mural autour duquel nous avons tourné comme une autruche devant un I-Pod pendant trois plombes sans en deviner la fonction, enfin révélée...
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- La cour intérieure, en béton brut léché par les plantes grimpantes et éclairée des flammes vacillantes des petites bougies, pas mal non plus, limite magique.
- Le niveau hammam et salles de soins dont la lumière sourd littéralement des murs, aux courbes sinueuses de résine et aux portes de verre qui s’ouvrent sans bruit, un grand moment de relaxation, pour le coup, cette fois, une vraie expérience d’un monde étrange, comme un retour à l’espace fœtal...
Ce qui ressemble à un démontage en règle a surtout été un vrai bon week-end peuplé de moues dubitatives et de grands grands fous rires, qui nous ont tout autant soudés qu’un week-end glamour dans un palace romantique...
21 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode VI
Allez, finissons-en avec une dernière petite histoire pour la route, celle des tasses de chez HI. Je m’en fous, j’ai des photos à l’appui pour prouver que je n’exagère pas.
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Gros moments de marrade au petit-déjeuner, avec les tasses à thé, qui résument bien l’ergonomie selon Matali. Rondes, oui oui, pas triangulaires ou en forme d’étoile, juste rondes. Un bol est rond lui aussi, mais là il s’agit d’un cylindre, un gobelet large en quelque sorte. Avec trois anses – ou quatre, je ne sais plus – de petites languettes, comme des ailettes, par lesquelles on ne peut absolument pas saisir la tasse, qui se refuse totalement à l’utilisateur, d’autant plus qu’elles sont situées à sa base. (Je vous laisse quelques secondes pour visualiser la position). Il ne reste plus qu’à essayer de trouver une bonne vieille tasse Choky pour boire son thé sans se brûler les doigts… Néanmoins, la rigolade éprouvée par l’utilisateur n’est rien à côté de celle garantie par l’argumentaire ci-dessous, un – très – grand moment d’anthologie, où l’on apprend que manger est un moment de convivialité, une révélation mise en évidence par le – fameux – service à ailettes HI Link…
Réalisé en porcelaine blanche, Hi Link s’affranchit des conventions des arts de la table et invente des nouveaux rites. Ce service est composé de quatre contenants universels : deux bols et deux assiettes. Le bol devient tasse, la tasse à thé bol à soupe. En connectant chaque élément les uns avec les autres, il met en évidence un parcours gustatif. Un service qui bouleverse nos habitudes et qui met en évidence que manger, prendre un café, c’est être ensemble.
Tant de joie...
18 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode VI

Et oui, au pied du lit, la baignoire, et derrière la baignoire, les woua woua !!!
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Comme on est dans une chambre Techno Corner - Une chambre dédiée à l’image et au son comme un auditorium privé, pour regarder une image de très grand format depuis son lit ou de la baignoire. L’écran devient un paravent entre la chambre et la salle de bain. Le Sofablaster, canapé avec enceintes et casques intégrés, offre dans ses accoudoirs une discothèque issue du label F Communications - on se dit qu’on va s’installer sur le Sofablaster (trop tentant) se regarder quelques images (que le lecteur ne s’excite pas en persiflant, oui, elle a dit qu’il n’y avait pas de chaises mais y a un sofa, faut pas pousser, on peut poser ses affaires sur un sofa, quand même… Tut Tut. Le Sofablaster, c’est le lit, poussin. Juste le lit). On cherche un DVD, y en a pas. Qu’à cela ne tienne, descendons donc au Lobby demander au type cool en tongs de nous filer un bon vieux film dont doit être bourré le media center du lieu. Nous remontons dépités avec une compil HI – en vente chez Colette (ne riez pas) – et un DVD d’art contemporain, de la bonne vieille vidéo conceptuelle toute pleine de brouillard, de jolies tâches qui bougent, d’ondes monochromes. Sublime pour donner des reflets à l’écran, presque aussi distrayant que les aventures de Rabbi Jacob.
On va finir par croire que j’exagère, mais j’ai pourtant pas terminé.
Ainsi, le confort va au-delà du simple confort physique ou visuel. C’est un confort en acte, donné par la générosité et la simplicité des structures, qui, comme un mode d’emploi, nous invitent à profiter du moment présent. Les espaces reposent sur une ouverture des volumes, une non-spécialisation des structures. Ceci a pour effet de fluidifier le passage d’une activité à l’autre et de partager ses expériences.
Et tout cela est vrai. Tout du moins pour notre expérimentation de la chambre Techno Corner, et de l’ouverture des volumes. Imaginez : un jeune couple, tout frais amoureux, en peignoir blanc et surpiqué de violet, qui s’inspire des peignoirs de boxe et épouse le corps au plus près, allongé sur un sofablaster. Au ras du lit, l’écran. Derrière l’écran, la baignoire, et derrière la baignoire, les chiottes. Et oui, là encore, nous allons pouvoir constater que toute non-spécialisation des structures voit très vite ses limites.
Malgré tout, le jeune couple va pouvoir partager toutes ses expériences, puisque les toilettes sont « fermées » par une porte coulissante pas vraiment étanche, ni phoniquement, ni olfactivement – notez bien qu’à ce stade, je ne fais même plus d’humour, la simple narration se suffit à elle-même. Un confort en acte, donné par la générosité et la simplicité des structures, des portes coulissantes qui sont, cerise sur le gâteau, en plexi transparent un peu teinté de pourpre, ce qui n’empêche nullement l’autre de suivre en direct, installé sur le sofablaster (et où d'autre ?), l’expérience vécue par l’occupant des gogues, qui regarde devant lui d'un air détendu, en se tenant bien droit sur la cuvette, comme s'il attendait tout simplement le bus. Le confort en acte, donc… C'est sympa, on peut se faire coucou entre le lit et le popo. Avec un peu de chance, le membre du couple installé sur le sofablaster aura la charité de se plonger profondément dans A la recherche du temps perdu, ou, mieux, dans une grande encyclopédie. S'il est vraiment très charitable il se roulera en boule dans l'entrée, empilé sur les valises. Il doit y avoir un petit angle mort. Au pire, il ira faire un tour à la piscine pendant que l'autre déposera son popo tranquille. Mais à son retour, aucune chance pour qu'il ignore l'odeur intime de son conjoint, qui n'a pas long à faire pour traverser jusqu'au sofablaster...
Qui oserait à présent prononcer le mot glamour ?
Juste le mot grotesque.
Et ben voilà, j’avais promis, et pourtant je m’énerve.
15 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode V
Regardez bien dans le coin droit... La valise !
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Matali, je te raconte rapidement un petit épisode de la vie quotidienne tel qu’il se déroule chez les gens normaux, comme tu as émis le désir de nous accompagner dans la découverte d’espaces de vie contemporains, je te propose un moment de vie contemporaine. J’ai benné ma valise par terre, je m’agenouille pour sortir mes fringues que j’étale sur le lit, je sors ma trousse de toilette puis je me déshabille. Pratiquement, voilà comment ça va en fait se passer chez HI : mes fringues, je vais les laisser se froisser dans la valise de l’entrée, parce que l’armoire fait 50cm de large et qu’il y a dedans trois cintres très jolis, en inox poli miroir, et que j’ai pris plus de trois vêtements, sans parler, bien sur, de ceux de mon chéri, qu’il n’a pas besoin de mettre sur un cintre. Ni lui ni moi n’avons pensé à prendre une panoplie infroissable Pleats Please, quels ballots.
Loin des espaces dominés par la décoration où chaque élément n’a qu’une place et un rôle, les espaces et les objets dans HI trouvent leur légitimité dans leur intelligence à nous procurer des services et des attentions qui font que l’on se sent libre d’agir, avec de nouvelles règles du jeu…
Douche. Déballage du shampoing, après-shampoing, savon… Ah. Je le pose où le shampoing au fait ? La gracieuse courbe organique de la baignoire n’est pas plane. Et le savon ? Par terre. Floc Floc. Tout con, hein ? Mais même chez BnB ils ont prévu une encoche pour poser le savon, dans leurs immondes cabines de douche moulées en série…
Les fringues. Je les aurais bien posées sur une traditionnelle chaise, mais y en a pas, alors je les laisse sur le lit.
Je suis toute nue. Ah zut y a un immeuble en face, j’ai pas tiré le traditionnel rideau. Forcément y en a pas. Y en a un côté baignoire, mais pas côté lit… alors, bêtement pudiques, on descend le volet roulant et on allume l’électricité. A Nice, en juin. Je pleure.
HI est une structure qui produit une multitude de stimuli, à vivre comme autant d’expériences.
Bon, on a déjà pas mal commencé à vivre une expérience, c’est le oai complet, on dirait qu’un démineur a fait exploser la valise dans la chambre.
Le concept est ruiné.
Soupirs.
10 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode IV
Rien à dire sur l’ascenseur…ah si, et je cafte. Le manager, ben il a rajouté des petites étiquettes à la pince Dymo pour donner la localisation des différents endroits en face du bouton d’étage au lieu de laisser les résidents chercher comme tu l’avais prévu (voir plus loin). Je suis sure que ça va pas te plaire, que c’est trop codifié, et que ça empêche les gens de vivre des expériences en appuyant sur les boutons au hasard pour trouver le Lobby ou le Happy bar. En tout cas, tu ne l’avais pas prévu dans le cahier des charges d’origine, c’est sur…Oooh, Matali, tu verrais tout ce qu’ils ont changé, tu serais verte…
Allez, on arrive à notre étage. Nous nous concentrons afin d’être prêts à vivre un micro-événement en relation avec le concept de l’espace.
La chambre devient une structure pour accueillir des micro-événements en relation avec le concept de l’espace.
UN MICRO-EVENEMENT EN RELATION AVEC LE CONCEPT DE L’ESPACE ! ?
Non mais franchement, Matali ? Tu t’es relue ?
Je m’énerve pas un peu, là ?
Donc on rentre dans la chambre. Par la porte.
Ben oui. Les alternatives aux espaces codifiés ont leurs limites.
Bé, c’est très joli. Franchement. Pourpre et blanc. La belle baignoire aux courbes pures. La robinetterie ultra simple. Le lavabo en verre.
On attend le micro-évènement en relation avec le concept de l’espace.
Qui arrive.
Et oui. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ça arrive.
Au moment précis où on essaye de poser sa valise.
Comme c’est micro-ingénieux et micro-ludique ! Il n’y a RIEN pour poser sa valise.
Je ne parle pas d’un petit banc, définitivement trop codifié, mais simplement de l’espace…Donc l’idée micro-rigolote c’est de poser sa valise dans la baignoire, ou bien micro-crado, quand on arrive de la gare à pied avec des valises à roulettes - rupture radicale avec les codes du luxe - c’est de la poser sur le lit blanc, immaculé, et le pourrir aussitôt.
Nous adoptons finalement une solution micro-pas-pratique, la laisser dans l’entrée - pas possible entre le pied du lit et la baignoire, pas la place - et l’enjamber par un saut de biche chaque fois qu’on sort de la chambre…
C’est un espace empathique fondé sur l’activité et la modularité. Ce n’est pas un lieu introverti qui retient les gens sur place, mais plutôt un espace qui incite à la curiosité aussi bien vis-à-vis de l’intérieur que de l’extérieur…
On commence à tout mieux comprendre, à présent qu’on défait nos valises. On va finir par s’excuser de déranger l’immaculé agencement du lieu, mais on avait pris quelques affaires personnelles qu’on a pris la liberté de sortir dans la chambre.
Et là, deuxième micro-évènement ! Très vite, ça s’enchaîne, hop hop hop.
(à suivre... Le suspens est insoutenable, hin ?)
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09 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode III
En haut du plan incliné, c’est très probablement la réception, qui fait un peu penser aux comptoirs de dépannage que met la SNCF sur les quais pour les grands départs, ou à ceux des démonstratrices Benenuts - Nouveau, goût Bacon ! - en tête de gondole (toujours dans les supermarchés, hein, Matali, rien à voir avec Venise).
Le réceptionniste est derrière un petit pupitre, ainsi libre de ses mouvements, il va et vient et nous accueille avec simplicité.
C’est Monsieur Univers qui nous accueille : tee-shirt moulant noir et torse de Batman, belle gueule aux pommettes saillantes, bronzage orange, on dirait un vendeur de Zara, il est parfait.
Les vêtements du personnel – pantalons, chemises, tee-shirts, combinent également élégance contemporaine et fonctionnalité.
Qu’est-ce que je disais !
En tongs, trop cool, sympa comme tout, il nous offre une petite carte avec une conso gratuite, tout juste s’il ne nous tutoie pas, c’est le premier contact avec la rupture avec les codes traditionnels du luxe. Faudrait que tu leur vendes le concept, à Formule 1 (les hôtels, Matali, pas le Grand Prix de Monaco), de rompre avec les codes traditionnels du bas prix…. Nous, histoire de rompre comme il faut, on monte nos valises nous-mêmes. Le réceptionniste cool, beaucoup plus libre dans ses mouvements que derrière un comptoir classique ( ???) n’en profite néanmoins pas pour nous filer un coup de main…
Nous avons revisité la notion de service. L’accueil et le confort ne se réduisent pas à la seule dimension de service mais à la façon dont chacun peut se sentir autonome, libre d’explorer…
Ben quoi, faut pas pousser, l’ascenseur est à deux mètres de la réception, et Batman est vissé derrière son présentoir comptoir comme Ken dans son blister. Bon, nous on est habitués, on arrive de la gare à pied, mais les gens, ça doit les faire kiffer grave, toutes ces ruptures avec les codes traditionnels du luxe…
Hi est une autre approche de l'hôtellerie, fondée sur l'échange, la convivialité, l'ouverture d'esprit, une manière de concevoir le luxe différemment en le rendant accessible.
(Oui, je sais, c’est difficile de lire ça sans se mettre à pleurer de rire. Mais on s’y fait. Enfin, toutefois pas au bout de deux jours. Il vous faudra relire cette chronique à plusieurs reprises avant de vous calmer. Moi, je n’y arrive toujours pas, ça me fait encore rire. Selon les jours j’arrive même à ne pas m’énerver)
(à suivre)
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Le Happy Bar côté ptit dèj'
07 septembre 2008
Rompre avec les codes... Episode II
Pourtant vous avez sûrement déjà vu ces questionnaires de satisfaction dans un de ces hôtels économiques (Low Cost), puisque HI s’inspire très largement de ce concept… Une véritable idée de génie. Traiter un hôtel de luxe, aux tarifs de luxe - de 235 à 690 € la nuit (Tarifs 2008) - avec une prestation d’hôtel premier prix, c’est juste malin. En rupture avec les codes du luxe, dit la brochure. Pour tous ces gens lassés du standing haut de gamme et clinquant, loufiats au garde à vous, mobilier de luxe, robinetterie plaqué or, moquette carnivore, débordements de fleurs, quel dépaysement que toute cette simplicité, cette décontraction, je dirais même cette coolitude, oui, ça doit être d’un exotisme orgasmique. Du lino, de la peinture, du design et du zen, affolant comme ça peut dépayser certains. Ne faisons pas de mauvais esprit.
Une autre bonne idée, c’est celle de n’avoir pas inscrit le mot Hôtel sur la façade ! Mais vous avez teeeeellement raison… Mais oui. Un lieu tel que HI - HI, comme vous l’écrivez, et non pas Hôtel HI - Un hôtel urbain pour vivre une expérience contemporaine, c’est un concept, plus qu’un hôtel, qui doit apparaître pour ses résidents comme le résultat d’une quête, une expérimentation au bout d’un long parcours initiatique, à laquelle le touriste de passage ne serait en aucun cas capable de se livrer sans préparation préalable…On ne doit pas entrer chez HI - chercher une signification à ces deux lettres serait presque trivial, non ? - par hasard.
On ne risque pas, note. HI présente une façade uniformément blanche, trouée régulièrement par les fenêtres, d’une architecture simple, ou épurée, dont l’entrée ressemble désespérément à celle d’un concept store à la mode, dans le meilleur des cas, mais dans le pire à celle d’un Leader Price (un supermarché de hard discount, Matali), mais aussi, soyons honnêtes, au sas d’entrée des urgences de l’hôpital de Châteauroux, par exemple...
L’accès à l’hôtel se fait sur un souffle, une respiration perceptible entre deux parois de béton, qui symbolisent des haut-parleurs. On emprunte un tourniquet « virtuel » qui, par une rotation très lente, permet de ralentir notre rythme.
Mais elle est très jolie ton entrée, Matali ! Une porte coulissante teintée pourpre. Une tout petite boite vitrée pour les tarifs, en tout petit, hein. Mais oui, nous aussi on trouve ça vulgaire les tarifs, bien sur ! Et quand même, dis, Matali, ça t’embêtait de mentionner quelque part que c’était un hôtel ? Pas assez conceptuel ? Mais le manager de l’hôtel, il a du un peu insister j’imagine…
Bon allez hop, on entre. Flsshhhhhh, la porte coulisse. Plan incliné. J’arrête tout de suite les illuminés qui pourraient croire que c’est un aménagement pour les handicapés (les personnes à mobilité réduite) parce que bien sur ça n’a rien à voir, c’est juste pour le style (voir plus haut, le souffle etc)
(à suivre)
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Le Happy Bar
06 septembre 2008
Rompre avec les codes traditionnels du luxe à l’hôtel HI. Episode I
Juin 2004. Malcie et HPGM passent deux jours à Nice (note à l’intention des services fiscaux : un cadeau) , à l’Hôtel HI, un hôtel de luxe composé par Matali Crasset, designeuse en vogue.
Extrait de la page d’accueil du http://www.hi-hotel.net/. J’ai laissé volontairement les fautes, dont certaines sont assez rigolotes, comme la « reflexogie » ou le « hamman » ! Pour le reste, ces passages sont certainement ce qu’il y a de plus drôle dans tout mon texte, et croyez que je le regrette bien, puisque ce n’est qu’un strict copié-collé du site à ce blog. Tous les termes en italique vert sont tirés des brochures ou du site.
Hi, situé à nice (cote d'azur) est un boutique hôtel design au luxe comtemporain inventé par matali crasset (ancienne collaboratrice de philippe starck). Fcommunications (laurent garnier) organise le sound design et la programmation des mix dj de musique electronique. Hi propose un restaurant biologique "cantine bio", un espace spa (hamman, massage shiatsu, reflexogie, piscine) et une salle de séminaire.
Concept
Hi est un hôtel urbain à Nice de 38 chambres situé à deux cents mètres de la mer, conçu et réalisé par matali crasset, chef de file des jeunes designers français.
Certains hôtels vous donnent l'impression d'être chez soi, d'autres d'être invité chez quelqu'un.
Hi est une autre approche de l'hôtellerie, fondée sur l'échange, la convivialité, l'ouverture d'esprit, une manière de concevoir le luxe différemment en le rendant accessible.
Hi propose de vivre une expérience ou tout est prévu pour vous accompagner et vous faire découvrir différentes typologies d'espaces contemporains.
Un hôtel innovant et audacieux qui propose des concepts de chambres confortables pour voir la vie sous un autre angle.
Hi est pensé comme une maison moderne et vivante. En son coeur, l'happy bar ou se mèlent, musique, image,culture, technologie et affaires
Un hôtel actif ou tout est approbriable et modulable, un espace 'pour faire'.
Hi est aussi un lieu ou l'on respire, ou l'on se sent bien :
une bulle d'oxygène pour tout oublier, faire une remise à zéro.
Chère Matali Crasset…
Je vous écris parce que je viens de passer quelques jours chez vous…enfin, chez vous, je veux dire dans un endroit que vous avez créé, dessiné, inventé, conceptualisé, porté, enfanté…Hi hi hi
On a cherché partout le petit questionnaire que les hôtels Formule 1, la conscience parfaitement tranquille, laissent sur la coiffeuse en stratifié rouge et jaune… Vous savez, avec les petites cases à cocher. Mais y a pas de coiffeuses, ni de bureau, chez HI, et pas de questionnaires non plus…alors je vais vous raconter nos deux jours en détail.
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Le Lobby