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Et oui, au pied du lit, la baignoire, et derrière la baignoire, les woua woua !!!

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Comme on est dans une chambre Techno Corner - Une chambre dédiée à l’image et au son comme un auditorium privé, pour regarder une image de très grand format depuis son lit ou de la baignoire. L’écran devient un paravent entre la chambre et la salle de bain. Le Sofablaster, canapé avec enceintes et casques intégrés, offre dans ses accoudoirs une discothèque issue du label F Communications - on se dit qu’on va s’installer sur le Sofablaster (trop tentant) se regarder quelques images (que le lecteur ne s’excite pas en persiflant, oui, elle a dit qu’il n’y avait pas de chaises mais y a un sofa, faut pas pousser, on peut poser ses affaires sur un sofa, quand même… Tut Tut. Le Sofablaster, c’est le lit, poussin. Juste le lit). On cherche un DVD, y en a pas. Qu’à cela ne tienne, descendons donc au Lobby demander au type cool en tongs de nous filer un bon vieux film dont doit être bourré le media center du lieu. Nous remontons dépités avec une compil HI – en vente chez Colette (ne riez pas) – et un DVD d’art contemporain, de la bonne vieille vidéo conceptuelle toute pleine de brouillard, de jolies tâches qui bougent, d’ondes monochromes. Sublime pour donner des reflets à l’écran, presque aussi distrayant que les aventures de Rabbi Jacob.

On va finir par croire que j’exagère, mais j’ai pourtant pas terminé.

Ainsi, le confort va au-delà du simple confort physique ou visuel. C’est un confort en acte, donné par la générosité et la simplicité des structures, qui, comme un mode d’emploi, nous invitent à profiter du moment présent. Les espaces reposent sur une ouverture des volumes, une non-spécialisation des structures. Ceci a pour effet de fluidifier le passage d’une activité à l’autre et de partager ses expériences.

Et tout cela est vrai. Tout du moins pour notre expérimentation de la chambre Techno Corner, et de l’ouverture des volumes. Imaginez : un jeune couple, tout frais amoureux, en peignoir blanc et surpiqué de violet, qui s’inspire des peignoirs de boxe et épouse le corps au plus près, allongé sur un sofablaster. Au ras du lit, l’écran. Derrière l’écran, la baignoire, et derrière la baignoire, les chiottes. Et oui, là encore, nous allons pouvoir constater que toute non-spécialisation des structures voit très vite ses limites.

Malgré tout, le jeune couple va pouvoir partager toutes ses expériences, puisque les toilettes sont « fermées » par une porte coulissante pas vraiment étanche, ni phoniquement, ni olfactivement – notez bien qu’à ce stade, je ne fais même plus d’humour, la simple narration se suffit à elle-même. Un confort en acte, donné par la générosité et la simplicité des structures, des portes coulissantes qui sont, cerise sur le gâteau, en plexi transparent un peu teinté de pourpre, ce qui n’empêche nullement l’autre de suivre en direct, installé sur le sofablaster (et où d'autre ?), l’expérience vécue par l’occupant des gogues, qui regarde devant lui d'un air détendu, en se tenant bien droit sur la cuvette, comme s'il attendait tout simplement le bus. Le confort en acte, donc… C'est sympa, on peut se faire coucou entre le lit et le popo. Avec un peu de chance, le membre du couple installé sur le sofablaster aura la charité de se plonger profondément dans A la recherche du temps perdu, ou, mieux, dans une grande encyclopédie. S'il est vraiment très charitable il se roulera en boule dans l'entrée, empilé sur les valises. Il doit y avoir un petit angle mort. Au pire, il ira faire un tour à la piscine pendant que l'autre déposera son popo tranquille. Mais à son retour, aucune chance pour qu'il ignore l'odeur intime de son conjoint, qui n'a pas long à faire pour traverser jusqu'au sofablaster...

Qui oserait à présent prononcer le mot glamour ?

Juste le mot grotesque.

Et ben voilà, j’avais promis, et pourtant je m’énerve.