Rien à dire sur l’ascenseur…ah si, et je cafte. Le manager, ben il a rajouté des petites étiquettes à la pince Dymo pour donner la localisation des différents endroits en face du bouton d’étage au lieu de laisser les résidents chercher comme tu l’avais prévu (voir plus loin). Je suis sure que ça va pas te plaire, que c’est trop codifié, et que ça empêche les gens de vivre des expériences en appuyant sur les boutons au hasard pour trouver le Lobby ou le Happy bar. En tout cas, tu ne l’avais pas prévu dans le cahier des charges d’origine, c’est sur…Oooh, Matali, tu verrais tout ce qu’ils ont changé, tu serais verte…

Allez, on arrive à notre étage. Nous nous concentrons afin d’être prêts à vivre un micro-événement en relation avec le concept de l’espace.

La chambre devient une structure pour accueillir des micro-événements en relation avec le concept de l’espace.

UN MICRO-EVENEMENT EN RELATION AVEC LE CONCEPT DE L’ESPACE ! ?

Non mais franchement, Matali ? Tu t’es relue ?

Je m’énerve pas un peu, là ?

Donc on rentre dans la chambre. Par la porte.

Ben oui. Les alternatives aux espaces codifiés ont leurs limites.

Bé, c’est très joli. Franchement. Pourpre et blanc. La belle baignoire aux courbes pures. La robinetterie ultra simple. Le lavabo en verre.

On attend le micro-évènement en relation avec le concept de l’espace.

Qui arrive.

Et oui. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ça arrive.

Au moment précis où on essaye de poser sa valise.

Comme c’est micro-ingénieux et micro-ludique ! Il n’y a RIEN pour poser sa valise.

Je ne parle pas d’un petit banc, définitivement trop codifié, mais simplement de l’espace…Donc l’idée micro-rigolote c’est de poser sa valise dans la baignoire,  ou bien micro-crado, quand on arrive de la gare à pied avec des valises à roulettes -  rupture radicale avec les codes du luxe - c’est de la poser sur le lit blanc, immaculé, et le pourrir aussitôt.

Nous adoptons finalement une solution micro-pas-pratique, la laisser dans l’entrée - pas possible entre le pied du lit et la baignoire, pas la place - et l’enjamber par un saut de biche chaque fois qu’on sort de la chambre…

C’est un espace empathique fondé sur l’activité et la modularité. Ce n’est pas un lieu introverti qui retient les gens sur place, mais plutôt un espace qui incite à la curiosité aussi bien vis-à-vis de l’intérieur que de l’extérieur…

On commence à tout mieux comprendre, à présent qu’on défait nos valises. On va finir par s’excuser de déranger l’immaculé agencement du lieu, mais on avait pris quelques affaires personnelles qu’on a pris la liberté de sortir dans la chambre.

Et là, deuxième micro-évènement ! Très vite, ça s’enchaîne, hop hop hop.

(à suivre... Le suspens est insoutenable, hin ?)

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